Merci, merci, MERCI!

Un immense MERCI à tout le monde qui ont participé à la campagne de financement! Wow on capote ben raide! Grâce à vous, on a plus que dépassé notre objectif et on pourra sortir la deuxième publication TIBTP le mois prochain. Merci de nous lire, de nous encourager et de nous suivre dans cette folle aventure sexu-coquine. Manquez pas le lancement du magazine le 24 octobre au Café Atomic (Hochelag represent). On a vraiment hâte de vous rencontrer!!

-L & O

Tu as dû mal dormir la nuit dernière, parce que ce matin ta tête est enfouie dans ton coude et tu dors. Tu dors fort. Ça m’excite de te savoir si vulnérable, aveugle derrière ton rideau de paupière. Je m’assoie à côté de toi et je vois ta poitrine se soulever par saccade. Tes cheveux bruns cachent une partie de ton visage et tes lèvres sont entrouvertes; il me pousse une envie d’y mettre mes doigts. Je me retiens, je sais que tu te réveillerais avec mon regard qui te fixe et tu me dirais:

-Qu’est-ce que tu fais vieux pervers?

Je mettrais alors ma main entre tes cuisses, tes cuisses fortement soudées, et te défierais du regard jusqu’à ce que tu fléchisses, jusqu’à ce que tu relâches un peu et me laisse y mettre ma main. La résistance serait de courte durée. Mais il est tôt, ce matin, et je te laisse dormir. Je te laisse baver tranquillement sur ton pull.

C’est une secousse qui te réveille. Sursautant, tu lèves la tête et regardes frénétiquement autour de toi. Tu ne reconnais rien ni personne. Tu regardes par la fenêtre, puis me fixe avec une pointe de désespération. Je vois dans tes yeux verts ton incompréhension et j’aime te voir si désemparée, si endormie, si fragile. Je souris. Je crois que je t’aime. Je n’ai pas le temps de te le dire, tu propulses ton corps et te précipites vers la porte, perds ton équilibre et t’accroches à un passager. Les portes s’ouvrent et tu sors du wagon.

Je te regarde partir, je ne fais rien pour te rattraper. Je reste assis comme un con avec mon érection timide. Tu rajustes ta jupe en courant dans les escaliers.  


-K

Parfois je fouille dans mes photos de mon séjour au Mexique et je me dis que y’a plein de belles choses que j’ai pas partagées avec vous… comme la fois où on était tous à poil dans la jungle à San Pancho.

Photos / O
Modèles / C, C et L

Ça faisait déjà quinze bonnes minutes qu’on s’embrassait dans ton auto, j’étais assise sur toi j’avais tes oreilles dans les creux de mes coudes on essayait de s’imbriquer un peu pour dire ça poliment.

On savait ce qui allait se passer et quand je dis on savait ce qui allait se passer je parle de toi qui déménages parce que ta vie était ailleurs pis c’est correct même si souffrant par bouts c’est ça qui allait se passer après cette soirée-là, on se reverrait plus jamais ou plutôt plus jamais dans cet état d’ébriété avancé qu’on atteignait souvent en buvant du vin en se regardant dans les yeux.

Ça faisait longtemps que j’étouffais des mots quand j’étais avec toi, le jeu tu vois c’est comme retenir son souffle sous l’eau le plus longtemps possible sauf que là c’est des mots que tu retiens pis c’est genre en marchant dans la rue ou en mangeant au resto ou whatever y’a pas de place en particulier, l’important c’est que tu sois pas le premier à dire les mots et toi doucement comme si tu comprenais tout ce que je retenais dans ma grosse poitrine chaude, tu m’as rassise sur mon banc de co-pilote et t’as commencé à détacher les attaches qui nous séparaient un de l’autre, ta peau de la mienne, tu me regardais avec des yeux que je t’avais jamais vu avoir je pense que je t’embrassais tellement qu’un moment donné j’ai mangé ton nez une niaiserie de même pour nous faire rire en même temps tu continuais de m’embrasser et en même temps comme si t’avais quatre bras ce soir-là, tu t’es mis à baisser mon siège de co-pilote c’était audacieux dans une vieille Volkswagen parce qu’il faut tourner la petite roue pendant longtemps pour obtenir la version couchée du banc t’étais là j’avais plein de chose à te dire genre oui au complet fais-le-moi au complet dans le sens de prends moi pas à moitié dans le sens que rentre dans moi jusqu’au boute j’m’agrippe on part, mais je disais rien t’as collé ton front sur le mien pour me regarder m’étendre p’tits coups de roulette par petits coups de roulette pour une première et dernière fois tu plaçais notre scène d’amour secret d’adieux silencieux. On a fait l’amour secret l’amour d’adieu ensemble ce soir-là sur mon siège de co-pilote ça tombe bien on aimait ça faire toute sortes d’affaires ensemble t’étais tellement dur en moi que j’ai compris que toi aussi tu retenais des mots soufflés remplis de toi pis moi ensemble j’aurais préféré que tu m’emmènes avec toi, mais j’ai rien dit parce que jamais j’aurais voulu gâcher par des mots vides nos silences consentants j’espère que t’as compris mon sentiment à travers mes plaintes saccadées. J’ai remonté mon siège de co-pilote pendant que tu remontais tes pantalons, j’suis débarquée dans le driveway chez nous j’t’ai dit bye bye gênée comme si on avait seize ans pis que t’étais mon premier, j’avais des sentiments d’enfant devant toi qui partait dans ton Volks bleu, j’ai gagné au jeu de la confidence, j’ai retenu mon souffle pis mes mots. T’es parti avec mes soupirs.

 -MaQuerelle

Who between us love most thyself

Today I’ve felt the difference
Between numbness and indifference
Between not being able to feel my hands
And not caring about the girl you fucked

Well I meant to fake cry
And I couldn’t
I couldn’t even get my voice
To do that punishing timbre
That specific moment I found out
The indifference felt
After two month’s worth of nakedness

So I left your apartment
And your neck your two gigantic hickeys
Your two fresh red hickeys
The mark of her territory

In my head I thought
You are a solvable problem
And all I could picture was you sleeping on your side
Or you slipping in the bathtub and hurting your head
The resonance of your scalp on the ceramic
The tiny tickles of pain

I felt your struggle
I saw your tears
I left

I am very self sufficient
And I am not impressed

 

-O

Branded

Ma tête s’est redressée, quelque chose venait de me déconcentrer de mon verre.

La mémoire olfactive est une traîtresse;

Elle te criss une claque et te roundhouse kick en arrière quand tu t’y attends le moins.

Il portait le parfum de mon ex.

Chanel pour homme.

Intriguée, j’dois en être certaine; je m’approche donc, voyons voir si je pourrais trouver le moyen de le flairer de plus près. Tous les moyens sont bons.

Ma tactique Mona Lisa marche à tous les coups. Je ris à sa blague, il est sous le charme.

La patience est une vertue et a un certain moment, il étire la main et caresse mon visage.

La source ne doit pas être très loin et les poignets sont toujours un bon départ.

Malheureusement ça sent un mélange de savon et ‘vent de glaciers’ ou un autre nom merdique de déodorant pour homme. Trop banal, c’est pas ce que je cherche..

Non, moi je cherche le raffinement, l’excitation mémorielle, la draft de Chanel qui m’avait fait dresser la tête plus tôt.

J’espère qu’il n’a pas remarqué que j’étais en train de le renifler… Changement de plan. Je replace mes cheveux et je lui donne mes meilleurs yeux de Bambi. Je tourne langoureusement autour de ma proie.

C’est à ce moment que je sens son odeur à elle. Un genre de vent fruité écœurant, tellement cheap que je peux goûter le plastique de la bouteille. Si poignant que ça s’est incrusté dans son complet.

Je la déteste avec passion. Mais lui, j’essaie de ne pas le juger. J’essaie.

On se dit au revoir, j’ai manqué ma chance. Trop subtile? Pas assez? Je tente une dernière lancée et je me dresse sur le bout de pieds pour l’embrasser.

Sous l’oreille. Classique.Du contentement pour mes narines, mais surtout une baffe de nostalgie. J’en profite une seconde de trop: c’est devenu awkward. Je ferme les yeux et j’y laisse une marque.

Revlon, couleur rouge Stricking #240.

Question de retrouver mon chemin next time…

-J

Un petit avant-goût de trois femmes magnifiques qui se retrouvent dans la publication.

Photos / O

Même de dos il était cute (partie 2)

Ma place n’allait pas être ailleurs qu’à ses côtés. Comme des nounounes, nos cuisses faisaient semblant de se frôler pas par exprès. On faisait comme si personne ne s’apercevait de nos mini indécences en dessous de la table. On s’était donné le GO intuitif de deux adultes prêts à se dire oui pour le reste de la nuit.

Il a penché sa tête vers moi pour me glisser un secret. Ses lèvres se sont un peu collées à mon lobe d’oreille. Mes terminaisons nerveuses dansaient la macarena. C’est sur qu’il savait ce qu’il faisait. J’me souviens pu trop ce qu’il a dit, mais ça devait ressembler à un «on décriss-tu?». Charmant. Ses lèvres ont doucement pris le temps de se promener le long de mon cou. L’effet s’est vite fait sentir dans le monde de la lubrification. Il y a des gens qui suent abondamment, moi je lubrifie facile. That’s it, chacun sa spécialité.

Je ne le connaissais pas beaucoup, en fait très peu, mettons pas du tout. Mais il dégageait ce petit quelque chose qui m’aurait fait «décrisser» pas mal n’importe où avec lui. Nos amis, heureux de voir les deux adultes sexués partir, ont accepté favorablement notre très peu glorieux départ : «On va aller fumer une clope, mais chez lui… » Moi, le regard gêné, lui le sourire bandé. Bref, c’est le mieux que j’ai pu trouver.

En sortant de la terrasse, il me regarde avec cet air bizarre que j’connais bien et me dit qu’on ne peut pas aller chez lui. Mon cœur de fille n’a pas aimé ça, mais on dirait que j’m’y attendais. Je n’ai pas posé de question, ça m’a juste rappelé ce que je n’allais pas être pour lui.

On a fait l’amour comme des amants pas amoureux. Je l’ai laissé entrer ses doigts, sa langue, pas mal tout c’qu’on ne doit pas faire entrer quand on a envie de dater. J’ai décidé de jeter les gants en allant le gouter jusqu’entre ses cuisses. Chaque caresse de langue et de lèvres m’éloignait de son cœur, mais son désir était beau. J’devais peut-être avoir l’air triste, ça n’empêche pas qu’on faisait crissement bien le sexe ensemble.

Il s’est endormi chez moi et a quand même su m’enrober le cœur en faisant des nœuds avec nos jambes. Notre chaleur de corps partagé m’a fait penser à ben des affaires. J’me suis fait à croire que j’allais être super correct en le voyant disparaitre au matin. J’me souviens vaguement d’y avoir cru. Sachant qu’on n’allait probablement jamais se revoir, je me suis décollée de son étreinte pour laisser un peu de froid entre son ventre et mon dos. Notre statut de quasi-inconnu allait reprendre le dessus dans si peu de temps qu’il ne s’est pas gêné pour raccrocher mes hanches aux siennes. C’est rare qu’on s’endorme avec le sourire, mais ça arrive.

Au matin, il est parti sans avoir retrouvé ses boxers. J’les ai gardés un gros 15 minutes en essayant de trouver quelque chose de drôle à lui écrire sur Facebook. Ça me donnait l’arme de destruction massive du recontacte facile. J’ai rien trouvé. J’les ai jetés.

24h plus tard, je reçois un message comique qui me dit qu’on va être obligés de se revoir, parce qu’il a « oublié » ses caleçons. J’ai souri, mais j’suis pas allée fouiller dans ma poubelle.

-M

Maria Maria Magdalena

 À vélo, le vent fait gonfler mon chandail, parfois tellement qu’il me passe par-dessus la tête. Je pédale, seins nus, descends la grande côte qui mène au village. Je laisse le tissu cacher ma vue et je ferme les yeux. Je dévale la pente en attendant qu’on me klaxonne. Il m’arrive de tomber et de me casser la gueule. Comme hier.
 
Je me rendais à bicyclette au dépanneur pour acheter du pain et quand je suis entrée, le commis est accouru me voir. Il m’a dit de m’asseoir sur une chaise dans le bureau, une chaise de patron toute rembourrée, puis il est allé chercher des serviettes et de l’antiseptique.
 
Accroupi devant moi, il a lavé mes jambes. Il installait ses doigts derrière mes genoux et lavait mes coupures. Ça avait eu le temps de sécher. Il y avait des cailloux dans mes plaies et le produit me brûlait la peau, mais je ne ressentais que son souffle sur mes cuisses. J’avais les jambes crispées et ça le faisait rire, il n’arrêtait pas de s’excuser. Il disait :
 
- C’est très laid, tu devrais faire attention à tes jambes, sinon tu seras une jolie femme avec des jambes affreuses.
 
Quand il a dit jolie, j’ai senti que je rougissais. Les joues d’abord, puis la gorge et la poitrine. Ça m’a donné chaud et j’ai eu peur qu’il sente que je devenais moite sous le genou. Sa main, posée là, était devenue brûlante. Et puis, il m’a regardée dans les yeux, toujours à mes pieds. Son regard noir me transperçait. Ses mains étaient chaudes. Il les a remontées le long de mes mollets, vers mes cuisses, que j’ai entr’ouvertes. Il a caressé l’intérieur de ma jambe, jusqu’à la peau douce.
 
Je n’ai pas cessé de le fixer, je le regardais en sentant sa chaleur qui envahissait ma peau. J’ai gémi, ça l’a fait sourire et j’ai vu ses dents. Il a faufilé ses doigts jusqu’à ma culotte. Le long de mon aine, sous mon bermuda, il a glissé son doigt en moi. Je le regardais, toujours raidie, bouche ouverte et souffle court. J’ouvrais grand les yeux pour ne rien manquer de chaque caresse et je me suis affalée en coulant le long du siège. Je me suis retrouvée assise sur lui, à cheval, son majeur dans mon sexe. Je lui respirais dans le visage, puis sur les lèvres et il m’a embrassé. Il a mis sa langue dans ma bouche, guidant la mienne. Je crois que nous allions faire l’amour, mais un client est entré.
 
Étendue par terre, je l’ai entendu saluer un homme. Je me suis relevée et j’ai attendu. Dès qu’il lui a dit au revoir, j’ai couru jusqu’à la sortie sans me retourner. J’aurais aimé qu’il coure à ma poursuite, m’attrape avant que je ne réussisse à sortir et me ramène dans le bureau, mais j’ai enfourché mon vélo, et je suis repartie à toute vitesse. Chez nous, j’ai dit à ma sœur que j’avais fait une chute et que j’avais trop mal aux jambes pour me rendre au dépanneur. Elle a dit qu’elle irait.
 
-A
Afternoon delight
J’essaie de faire une sieste d’après-midi, mon moment préf’ de la journée. Je peux pas m’empêcher de penser au fait que je vais te voir demain et sans même réfléchir mes doigts se glissent entre mes jambes. J’imagine les tiens.
Tes doigts font le chemin entre ta bouche et ma chatte. Les autres jointures frôlent, peut-être délibérément, l’orée du trou plus serré. Je suis stimulée de tous bords tous côtés autant sensoriellement que visuellement parce que ta queue en érection m’excite et tes cheveux en bataille me rappellent que c’est la troisième fois aujourd’hui qu’on fait des galipettes. Je te prendrais dans ma bouche, plus tard, parce que je sais que si on fait les deux en même temps tu perds un peu le rythme exquis qui m’amène au bord de
J’ai un flash-back. Retour réel sur ma crise de larmes qui a suivi notre session de sport post-midi. De ma réflexion sur nos jouissances, souvent non synchronisées, mais c’est pas ça le problème. À force de le faire quatre fois par jour, j’en viens à me demander si j’ai vraiment envie qu’on se coït autant. Parce qu’en fin de compte, ça fait deux fois qu’on se rencontre. Parce que d’habitude, plus je connais la personne, plus ma libido va en augmentant. L’amour, c’est ça qui me fait vraiment mouiller.
Je m’interroge si je couche avec toi par nécessité. Comme dans un but, comme pour accélérer le processus de création de notre intimité. Une fausse impression d’intimité, une familiarité forcée, pas celle qui se développe au fil du temps comme le confort et la confiance. Comme pour brûler les étapes parce que je regarde les jours de calendrier défiler et ma date de départ qui approche.
Pis finalement, l’image de ton gland dans ma bouche reprend le dessus et je me souviens avec excitation de nos journées sucrées-salées. Mes doigts mouillés, comme tu les aimes, je me dis que les technicalitées émotionnelles pourront être réglées une autre journée.

-O
texte et photo extraits du recueil estival 2013

Afternoon delight

J’essaie de faire une sieste d’après-midi, mon moment préf’ de la journée. Je peux pas m’empêcher de penser au fait que je vais te voir demain et sans même réfléchir mes doigts se glissent entre mes jambes. J’imagine les tiens.

Tes doigts font le chemin entre ta bouche et ma chatte. Les autres jointures frôlent, peut-être délibérément, l’orée du trou plus serré. Je suis stimulée de tous bords tous côtés autant sensoriellement que visuellement parce que ta queue en érection m’excite et tes cheveux en bataille me rappellent que c’est la troisième fois aujourd’hui qu’on fait des galipettes. Je te prendrais dans ma bouche, plus tard, parce que je sais que si on fait les deux en même temps tu perds un peu le rythme exquis qui m’amène au bord de

J’ai un flash-back. Retour réel sur ma crise de larmes qui a suivi notre session de sport post-midi. De ma réflexion sur nos jouissances, souvent non synchronisées, mais c’est pas ça le problème. À force de le faire quatre fois par jour, j’en viens à me demander si j’ai vraiment envie qu’on se coït autant. Parce qu’en fin de compte, ça fait deux fois qu’on se rencontre. Parce que d’habitude, plus je connais la personne, plus ma libido va en augmentant. L’amour, c’est ça qui me fait vraiment mouiller.

Je m’interroge si je couche avec toi par nécessité. Comme dans un but, comme pour accélérer le processus de création de notre intimité. Une fausse impression d’intimité, une familiarité forcée, pas celle qui se développe au fil du temps comme le confort et la confiance. Comme pour brûler les étapes parce que je regarde les jours de calendrier défiler et ma date de départ qui approche.

Pis finalement, l’image de ton gland dans ma bouche reprend le dessus et je me souviens avec excitation de nos journées sucrées-salées. Mes doigts mouillés, comme tu les aimes, je me dis que les technicalitées émotionnelles pourront être réglées une autre journée.

-O

texte et photo extraits du recueil estival 2013